Débris de rotatives


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Avec Unia, le front pour un salaire minimum gagne un allié de poids (30 octobre 2009, Le Courrier)

 
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BENOIT PERRIER    

TRAVAIL - Le syndicat prépare le lancement d'une initiative pour une rémunération minimale. Il estime que le contexte social est devenu propice pour mener cette cause.
«La question salariale n'est pas une affaire privée, il faut la repolitiser», assène Alessandro Pelizzari, secrétaire régional genevois d'Unia. Mercredi, le projet du syndicat de lancer une initiative fédérale pour un salaire minimum a franchi une étape décisive, le comité central ayant adopté un rapport en ce sens. Une décision qui devrait être confirmée par l'assemblée des délégués du 21 novembre prochain. Ce processus de réflexion aboutit quelques semaines après que le parti socialiste suisse a annoncé son intention de se lancer dans une démarche similaire.
Le but d'un salaire minimum légal, explique le syndicaliste, est de «mettre fin au scandale des bas salaires. On ne peut pas vivre avec moins de 3000 francs par mois.» Le projet actuel envisage donc d'inscrire dans la loi une rémunération équivalente aux deux tiers du salaire médian suisse, soit environ 3700 francs par mois avec un treizième salaire.
Une telle mesure concernerait onze pour cents de la population, dont trois quarts de femmes. Le salaire médian utilisé pourrait être le chiffre suisse ou une proportion régionale, afin que la mesure soit intéressante pour toutes les parties du pays. D'année en année, le plancher serait au moins indexé sur l'inflation.


Précédent britannique

Le salaire minimum, dans ce projet, est cependant conçu comme un dispositif annexe ou supplétif à la négociation de conventions collectives. Les cantons seraient en effet incités à négocier de tels accord, ne comportant naturellement pas de rémunération inférieure au salaire minimum. Le plancher n'aurait donc force qu'en l'absence de convention, ce qui est souvent le cas des professions touchées par les bas salaires, qu'il s'agisse de l'économie domestique ou du textile.
Une rémunération minimale tirerait-elle les salaires vers le bas? Le syndicaliste ne le pense pas, citant l'exemple britannique où l'introduction récente d'un salaire minimum n'a pas eu cet effet ni accrû le chômage. Il admet que la transition pourrait être difficile pour les petites et moyennes entreprises, mais précise que des mesures transitionnelles seraient prévues.
Ce n'est cependant pas le syndicat qui lancera l'initiative. Si, comme c'est probable, son assemblée des délégués décide favorablement, Unia discutera avec ses partenaires au sein de l'Union syndicale suisse (USS).
Mais ceux-ci sont majoritairement acquis à la démarche, selon Alessandro Pelizzari qui martèle: «Cette bataille doit être menée par un large front social: partis, syndicats, acteurs de la société civile et du terrain». Le secrétaire syndical genevois paraît optimiste quand il évoque le contexte favorable à un tel débat. «Si le parti socialiste évoque une telle idée, c'est qu'il y a un changement. Le thème de l'emploi et de la pression sur les salaires est devenu plus important, dans le cadre de cette crise financière qui s'est muée en crise des exportations puis en crise sociale.»


Les roses au rendez-vous

Du côté des socialistes, on trouve du répondant. Le conseiller national Stéphane Rossini évoque au téléphone «un projet concerté» et «un thème privilégié de collaboration». Selon le socialiste valaisan, il n'y a «ni conflit, ni concurrence» entre son parti et les syndicats sur la question du salaire minimum légal. Il s'agira désormais «de trouver la meilleure formule et les meilleures alliances possibles.»

Publé le 30 octobre 2009 dans Le Courrier.
Photo CC-BY-NC-SA Jargoŋ

 

Le lanceur de chaussures en quête de justice (20 octobre 2009, Le Courrier)

Après l'audit, on se dispute la barre de la CGN (24 octobre 2009, Le Courrier)

Les itinéraires musicaux du Genevois Eric Gaudibert (23 octobre 2009, Le Courrier)

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PROPOS RECUEILLIS PAR BENOIT PERRIER

COMPOSITION - Le musicien genevois est à l'honneur dimanche. Un concert lui est consacré qui revient sur ses traces multiples.

«J'ai une vie très rangée», plaisante le compositeur Eric Gaudibert dans son studio du Rondeau de Carouge. Il sourit, expliquant qu'un lieu de travail spécifique prémunit contre les «préoccupations» d'un métier «d'obsédés». Dimanche, le Conservatoire fera entendre au public le produit de son «travail d'ascèse».Veveysan formé à Lausanne et Paris, le musicien a eu une triple carrière: pianiste jusqu'à 33 ans, il s'est ensuite tourné vers l'enseignement et la création. A Genève, il a longtemps donné au Conservatoire populaire l'analyse, l'harmonie au piano et la composition; avant de remodeler la classe de composition de la Haute Ecole de Musique. Aujourd'hui à la retraite, il continue à écrire. Un disque paraît, un concert le met à l'honneur. Rencontre.

Est-ce le compositeur que l'on fête, dimanche?
En partie. Ce concert sert deux buts. D'abord vernir l'enregistrement consacré à mes oeuvres, mais aussi revenir sur mon parcours d'enseignant. C'est donc l'orchestre du Conservatoire populaire qui jouera la première pièce, une composition aisée à aborder pour ces jeunes musiciens. Albumblaetter sera, lui, joué par deux flûtistes de la Haute Ecole Quant à Laurent Estoppey et deux de ses élèves, ils forment pour l'occasion un trio de saxophones.

Et votre carrière d'interprète, l'évoquera-t-on?
Oui, je jouerai Vénescence avec René Meyer, le clarinettiste de Contrechamps. L'oeuvre a une partition graphique et suppose l'improvisation. Elle remonte à 1973, avec une dimension électroacoustique: un simple delay (le son joué par les instrumentistes est reproduit avec un décalage, ndlr). A l'époque on le produisait avec deux énormes magnétophones Revox. Entre eux, 3 mètres 80 de bande qu'il fallait faire circuler de l'un à l'autre!

Avez-vous continué dans la direction de l'électroacoustique?
J'ai cessé, pensant en avoir fait le tour. De plus, les traitements complexes nécessitaient un investissement énorme. Les ordinateurs d'alors étaient rares et gigantesques; Xenakis passait des nuits dans les centres informatiques que lui prêtaient de grandes entreprises.
Mais vingt ans après, à la Haute Ecole de Musique, j'ai vu que les étudiants compositeurs disposaient d'outils «portables». J'écris donc des pièces avec traitement direct.

Quelle place y ménagez-vous aux instrumentistes?
L'interprète doit, pour moi, être au centre, pas le seul «déclencheur» d'une cascade de sons. Sans compter que les musiciens se réjouissent qu'on leur donne des «responsabilités», qu'il s'agisse de choix à opérer, de segments improvisés ou qu'on requière d'eux une extrême virtuosité.

Et vos maîtres, qui étaient-ils?
En tant qu'interprète, Alfred Cortot dont j'ai suivi les cours publics et quelques leçons privées. Pianiste, chef d'orchestre, il était la figure du musicien complet. Mais surtout il avait une vision artistique qui dépassait la simple musique, c'était ainsi un grand collectionneur d'art. En tant que compositeur, Henri Dutilleux. J'étais de ses premiers élèves et j'ai travaillé avec lui. Il m'a transmis du «métier» – en matière d'orchestration, notamment – et une attitude: travailler lentement et avec exigence.

«Autour d'Eric Gaudibert», di 25 octobre, Conservatoire de Musique (Place Neuve), à 17h projection d'un «Plans-Fixes» consacré au compositeur, concert à 18h.
CD «Océans», Gallo/VDE-Gallo.

Paru le Vendredi 23 Octobre 2009 dans Le Courrier

Une régie dégaine le congé économique (19 octobre 2009, Le Courrier)

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