Débris de rotatives


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Paul Robert Lloyd

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Dites trente ans (Alex Beaupain - «33 Tours») (20 décembre 2008, Le Courrier)

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CD • CHANSON

Tout auréolé du succès des Chansons d’Amour (la comédie musicale de Christophe Honoré dont il avait signé la musique), Alex Beaupain vient relever les compteurs avec son second album de pop raffinée en français. Si le résultat n’est pas toujours convaincant, les quelques ratages (le premier single «I want to go home») et maladresses («A la mer») sont très largement éclipsés par d’éclatantes réussites. A côté de somptueuses ballades («Et tu t’en veux tellement») et d’électro-pop guillerette et désabusée (et surtout irrésistible, «Je veux»), il se paie le luxe d’une indiscutable méta-chanson («33 Tours» et sa métaphore filée du disque comme témoin du vieillissement). Pour une fois que les esthètes peuvent écouter de la chanson française, il ne faudrait pas se priver.
BENOÎT PERRIER
ALEX BEAUPAIN, 33 TOURS, NAÏVE

Paru dans le 20 décembre 2008 dans Le Courrier
Photo © divans du monde / glazart

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Du dub dans le ravin (Walter Becker - «Circus Money») (13 décembre 2008, Le Courrier)

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POP

C’est toujours un événement pour le mélomane que de retrouver Steely Dan ou l’une de ses émanations. Ici, son guitariste et co-compositeur Walter Becker présente son deuxième album solo et, innovation 2008, accorde son harmonie jazz et son écriture acérée à des volutes dub, ma foi plutôt crédibles. L’extrême musicalité (perfectionnisme du bonhomme oblige) est évidemment au rendez-vous. Pourtant, Becker et ses musiciens prennent un pied énorme dans des sections «minimales», qu’ils accouplent ensuite à des refrains envoûtants. Déconcertant et insaisissable à la première écoute, le recueil se révèle, après un temps, hypnotiquement addictif. Il est surtout touchant d’entendre la voix de Becker – peut-être la révélation de l’album, on l’entendait peut dans Steely Dan – confidente, alanguie ou défaite, bien plus qu’une «voix de guitariste». Entre humour noir et chansons à tiroir, cette très bonne surprise regorge de compositions mémorables, à l’instar de l’élégiaque et doux-amer Downtown Canon.

BENOÎT PERRIER
WALTER BECKER, CIRCUS MONEY, SONIC360

Paru le 13 décembre 2008 dans Le Courrier

Carter, jeune centenaire (5 décembre 2008, Le Courrier)

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 BENOIT PERRIER    

ANNIVERSAIRE - Elliott Carter, monument de la musique du XXe siècle, est bien vivant: un disque et deux concerts à Genève le fêtent.
Elliott Carter, centenaire dans quelques jours? Plutôt difficile à croire à l'écoute des dernières oeuvres du compositeur étasunien, mises à l'honneur ces prochains jours. Détails et explications avec Daniel Haefliger, violoncelliste et directeur artistique des Swiss Chamber Concerts, qui proposent le l'hommage «Carter 100+» dimanche à Genève. Carter s'est formé dans la rupture musicale du début du XXe siècle, pour ensuite voir, en témoin, se développer toute la musique contemporaine. Pourtant, «s'il a, toute sa vie, observé ce grand débat, son langage a suivi une carrière indépendante de ces bouleversements». On le voit ainsi développer son propre style, «celui d'un vrai musicien, pas d'un idéologue», relève l'interprète.


Rembrandt et Klee

Au coeur d'une musique «qui n'est pas basée sur la séduction», on trouve une exploration du rythme, alliée à une grande connaissance des instruments. Surtout, on rencontre un artisan qui n'a pas eu besoin de dénoncer ses outils, qui a pu se réinventer dans le cadre qu'il a conçu. Daniel Haefliger plaisante en affirmant que «son Lego – son système de composition – lui permet de faire tant du Rembrandt que du Klee». L'image est séduisante, elle rend bien le mélange de tradition classique et de modernité qui est l'apanage de Carter. Cet alliage en fait une porte d'entrée privilégiée vers la musique du XXe siècle.

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