Asile: une députée veut des réponses (18 mars 2009, Le Courrier)

GRAND CONSEIL • Des interpellations questionnent l’application genevoise de la loi.

«La question de l’asile n’intéresse plus personne», déplore Anne Emery-Torracinta. La députée n’est pas satisfaite de la discussion avortée à l’automne d’un projet de loi au Grand Conseil; elle revient à la charge par quatre interpellations urgentes. Preuve que l’application de la loi sur l’asile de 2006 fait, au moins, toujours débat.

Avec le projet «modifiant la loi sur l’aide sociale individuelle (prestations d’aide d’urgence)», la socialiste espérait faire le point sur la situation des «recalés» de l’asile, les personnes déboutées ou frappées d’une décision de non-entrée en matière (NEM). A la place de l’aide d’urgence, la proposition offrait de fournir l’aide sociale aux «personnes vulnérables». Elle souhaitait aussi que la partie alimentaire de l’aide d’urgence soit versée pécuniairement dans tous les cas.

Le projet a été balayé «par une majorité au Grand Conseil fermée à toute discussion» (notre édition du 18 février). Pour rouvrir le débat, la députée a déposé la semaine dernière des interpellations écrites au Conseil d’Etat.

La plus pressante concerne une situation déjà évoquée par l’exposé des motifs de la proposition. Au centre des Tattes, la permanence infirmière assurée par le Centre santé migrants des Hôpitaux universitaires a été réduite, puis supprimée.

L’alternative de se rendre à la consultation des Charmilles n’est pas satisfaisante. Certaines personnes sont partiellement informées ou craignent de rencontrer un nouvel interlocuteur. Nous n’avons pas pu joindre le Centre santé migrants pour connaître les raisons de cette décision.

Deux autres interpellations demandent une évaluation de la future mise à disposition, pour les requérants, d’abris de la Protection civile. Une dernière, enfin, demande un bilan chiffré des interpellations de personnes déboutées ou faisant l’objet d’une NEM à la suite d’infractions. Un tel recensement permettrait de mesurer la proportion de ces personnes qui entrent dans la clandestinité.
BENOÎT PERRIER

Paru le 18 mars 2009 dans Le Courrier