Débris de rotatives


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Paul Robert Lloyd

Archive

2010 (15)
2009 (46)
2008 (20)

Place Neuve, numéro 4 (Conservatoire et Haute Ecole de Musique de Genève)

Rédacteur responsable de ce numéro, j'ai participé à la conception de cette publication.

Rassemblé et édité les biographies du colloque (p. 5).
Rassemblé les mots d'institutions alliées (p. 7).
Rédigé ou édité les descriptions d'événements du 175e (pp. 8-9).
Edité l'article Splendor in the grass (p. 10).
Ecrit et réalisé l'interview de Ton Koopman (p. 11).
Ecrit et réalisé l'interview d'Emmanuel Krivine (p. 13).
Rédigé la page Rendez-vous (p. 15). 

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Des concerts qui font chambre à part (10 juillet 2008, Le Courrier)

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BENOÎT PERRIER    

PROGRAMME - Les Swiss Chamber Concerts annoncent leur prochaine saison [2008-2009] et inaugurent une série de disques chez Neos. Revue de détail.
On ne sait d'abord que penser du projet des Swiss Chamber Concerts (SCC), un cycle à cheval sur les régions linguistiques (Genève, Bâle, Zurich et Lugano) comme sur les époques (de Bach à la création la plus récente, pour cette saison 2008-2009). On se l'explique mieux en conversant avec son vibrionnant violoncelliste et codirecteur artistique, Daniel Haefliger. Cet ensemble de chambre à géométrie variable, il le décrit comme «un projet global, à plusieurs couches». Il faut entendre par là que, sur plusieurs points, les SCC veulent se démarquer. On retient la volonté de «créer une base de concerts sur la Suisse»: chaque programme est donné dans les quatre villes (et peut, adapté, tourner à l'étranger).
Autre grande option, celle de se poser en anti-spécialistes. Le répertoire qui en résulte est d'abord déroutant, télescopant allégrement baroque, classique et contemporain. Daniel Haefliger défend cette vision en expliquant qu'il s'agit de changer les habitudes d'écoute, de décloisonner, en réaction à ce qu'il décrit comme un «appauvrissement». Dernier point à relever, la présence quasi systématique de créations ou de premières, témoignant d'une volonté de soutenir la création. Ce credo se reflète dans la saison qui démarre le 11 octobre prochain, avec un concert-manifeste: le quatuor Sine Nomine interprétera Beethoven, Alban Berg (la Suite Lyrique) et une création du compositeur suisse William Blank. Evénement suivant, une confrontation entre Bach et Elliott Carter, dont on fêtera alors les 100 ans. Heinz Holliger et Peter Solomon incarneront à cette occasion son duo pour hautbois et clavecin. D'autres pièces de chambre du New-Yorkais et des extraits de l'Offrande musicale de Bach accompagneront cette première mondiale. A cette mise en regard, répondra lors la soirée suivante (en 2009) Heinz Holliger, qui se confrontera à Mozart et à des oeuvres de sa propre main. Mais les SCC entendent également présenter de nouveaux talents – cette année, le baryton suisse Ruben Drole pour un récital de mélodies qui appariera musique française et créations de Philippe Racine et Peter Wettstein. La saison se terminera par des oeuvres pour cordes (et flûte), dont un quatuor de Debussy et des oeuvres nouvelles. Une fois déployé cet éventail, on saisit mieux le désir des SCC de susciter «des configurations de sens, par rapport à un continuum de création musicale». Pour vérifier le résultat sur pièces, rendez-vous à la rentrée.

Note : Programme de la saison consultable dans quelques jours sur www.scc-concerts.ch


PAYSAGE AVEC CORDES

 
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  BPR    

Un air et trente variations: les Goldberg auront obsédé, depuis Wanda Landowska, artistes, mélomanes et industrie du disque. Proposition 2008 de Jürg Dähler, Hanna Weinmeister et Thomas Grossenbacher: les jouer sur instruments anciens, dans la transcription pour trio à cordes de Dmitry Sitkovetsky. L'expérience est plutôt convaincante. L'interprétation, qu'elle soit espiègle, brillante ou lapidaire, l'est toujours du fait d'un choix. Entre distribution et recréation collaborative, les voix prennent leur envol, se font lisibles et affichent leur dialogue. Le toucher baroque pourtant, s'il dramatise à l'envi (et généralement à raison), crée parfois le flou et obscurcit le discours. Mais le plus souvent, le pari est réussi et une onde de grâce se propage jusqu'à l'auditeur – à l'instar de ces pizzicati qui viennent perler sur l'une des dernières variations. C'est en tout cas une vision résolument contrastée qui est proposée ici. On se figure ainsi qu'on voyage, comme en une succession d'esquisses, de tableaux du temps de Bach ou d'avant. Elégante manière de faire revivre son temps, et une proposition à considérer pour y passer le sien.

Note : Swiss Chamber Soloists, Variations Goldberg, NEOS/Karbon

Paru le 10 juillet 2008 dans Le Courrier

 

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