Ondes en stock à Archipel (5 avril 2008, Le Courrier)

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Ondes en stock à Archipel

GENÈVE Le programme Stockhausen démarre lundi en fanfare avec «Spiral», une performance de musique intuitive pour humains et ondes courtes. Interview de la hauboïste Béatrice Zawodnik.

Des musiciens se débattent avec des radios, leur voix et leur instrument. C’est Spiral, qui ouvre lundi le programme Stockhausen d’Archipel. Composée en 1968, cette pièce est un paradoxe radical: plus de notes sur la partition, seulement des indications et des symboles. Ses interprètes en suivent les instructions pour réagir aux sons qu’ils trouvent sur leur radio. Exécuter cette matrice démesurée est une performance unique, à laquelle se prêteront trois solistes: la chanteuse Céline Hänni, le clarinettiste Pete Ehrnrooth et la hautboïste Béatrice Zawodnik (Contrechamps, Vortex). C’est cette dernière que nous avons rencontrée.

Que pouvez-vous dire de cette composition? Béatrice Zawodnik: Spiral est une partition d’une page et dix pages d’explications, une oeuvre pleine de contraintes et pleine de liberté à la fois. C’est une suite d’événements: il y a donc des périodes de ruptures, mais le vide est également important. Nous avons pris l’option de la jouer chacun vingt minutes mais étant donné sa nature (les durées ne sont pas indiquées), ça aurait pu être complètement différent. Je n’ai vraiment rien vu de semblable jusqu’à présent.

Faut-il jongler pour exécuter Spiral? Oui. Sur scène, l’une de mes mains est occupée à chercher les stations, et j’utilise une pédale pour contrôler le volume des ondes courtes. Je dispose également d’objets sonores: une anche de basson sur un tuyau en métal, un harmonica, une flûte à coulisse.

A quoi les auditeurs doivent-ils s’attendre? Ils seront pris au cœur de la spirale de haut-parleurs, embarqués dans les sons; ils voient une personne seule sur scène mais les sons viennent de partout, transformés. Le rapport entre ce qu’on voit et ce qu’on entend peut du coup se perdre. C’est une nouvelle sensation pour le public, et l’occasion rare d’entendre cette pièce qui nécessite un dispositif énorme.

Comment se préparer pour une telle œuvre? Intégrer les paramètres mais se libérer de la partition était très difficile. J’ai prévu une sorte de parcours, mais comme les ondes proposent à chaque fois autre chose, c’est toujours différent. Le plus important est de se préparer à être vraiment dans l’instant, afin de réussir à réagir.

Festival Archipel. Spiral de Karlheinz Stockhausen par Céline
Hänni (soprano), Béatrice Zawodnik (hautbois), Pete Ehmroot (clarinette) et Thierry Simonot (projection du son). Lundi 7 avril à 20h au Palladium, Genève.


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Dialogue de haut-parleurs

L’Association pour la Musique Electroacoustique Genève (AMEG) autour de la diffusion de la musique acousmatique (la «musique de bandes», préenregistrée mais spatialisée en live lors de son exécution) et de la musique électroacoustique – même type de démarche, associée à des interprètes «classiques».

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