Du dub dans le ravin (Walter Becker - «Circus Money») (13 décembre 2008, Le Courrier)
POP
C’est toujours un événement pour le mélomane que de retrouver Steely Dan ou l’une de ses émanations. Ici, son guitariste et co-compositeur Walter Becker présente son deuxième album solo et, innovation 2008, accorde son harmonie jazz et son écriture acérée à des volutes dub, ma foi plutôt crédibles. L’extrême musicalité (perfectionnisme du bonhomme oblige) est évidemment au rendez-vous. Pourtant, Becker et ses musiciens prennent un pied énorme dans des sections «minimales», qu’ils accouplent ensuite à des refrains envoûtants. Déconcertant et insaisissable à la première écoute, le recueil se révèle, après un temps, hypnotiquement addictif. Il est surtout touchant d’entendre la voix de Becker – peut-être la révélation de l’album, on l’entendait peut dans Steely Dan – confidente, alanguie ou défaite, bien plus qu’une «voix de guitariste». Entre humour noir et chansons à tiroir, cette très bonne surprise regorge de compositions mémorables, à l’instar de l’élégiaque et doux-amer Downtown Canon.
BENOÎT PERRIER
WALTER BECKER, CIRCUS MONEY, SONIC360
Paru le 13 décembre 2008 dans Le Courrier




