Rencontre percutante au Studio Ansermet (7 mai 2008, Le Courrier)
CONCERT• La jeune percussionniste Yi Ping Yang rencontre jeudi le CIP à Genève.
«Aller au-delà du concert. Aller vers un moment, un événement». C’est le credo de Jean Geoffroy, directeur artistique du CIP (Centre international de percussion). Espiègle, il ajoute: «Et on le fait vraiment!» Ce jeudi, c’est un regard cosmopolite que promène son institution, qui invite au Studio Ansermet Yi Ping Yang, percussionniste originaire de Taïwan, et lui adjoint cinq complices. Au programme de Est(s), la confrontation de créations (toutes dédiées à la jeune femme) et d’un classique, Hiérophonie V de Yoshihisa Taïra (compositeur disparu en 2005), le tout «très filé, dans une même geste et une même perspective musicale». Les différentes parties de Drama (de Guo Wenjing), pour trio de percussions, viendront rythmer le concert à cette fin.
C’est à une expérience qu’invite le CIP: celle d’un continuum qui permettra de découvrir la création mondiale (par la percussionniste) de Parhelion, du compositeur sinocoréen Chengbi-An; mais aussi de voir interpréter Geste Immobile et Une brisure intangible, deux pièces créées par Yi Ping Yang l’an dernier; et enfin, d’assister à une improvisation sur des poèmes chinois.
Le programme doit se conclure en apothéose avec la pièce de Taïra datée de 1975 («parce qu’on ne saurait pas très bien quoi faire après!»), une œuvre marquante de la percussion, augmentée «de cris, de gestes, de silence.» Les artistes, en répétition, en ont la voix rauque. «Une réaction en chaîne», illustre Damien Darioli. «Les interprètes sont tributaires les uns des autres dans leur exécution», explique Jean Geoffroy. Ce qui implique «de la complicité et une écoute très pointue entre musiciens.» Proposition alléchante, en définitive, que cet Est(s). A juger sur pièces, demain soir au Studio
Ansermet.
BENOÎT PERRIER
Est(s), concert de percussions, je 8 mai, 20h30, Studio Ansermet (Maison de la Radio, Genève). Rés: 022 329 85 55. Rens: www.cipercussion.ch
Paru le 7 mai 2008 dans Le Courrier.
Photo © 2008 Yi Ping Yang





